- Les gens de mer dans les archives du XVIIIème siècle - le cas de Cancale -

 

 Philippe Hrodej, maître de conférence à l’université Bretagne Sud de Brest et Lorient, vient parler de la vie des marins d’autrefois. 

 le scientique explique la vie des marins  au XVIIIe siècle. 

 

Le premier axe concernera les marins et la navigation, le second l’aspect social et les familles, le troisième tout ce qui sort des archives et passerait pour anecdotique pris séparément.


LES PUNITIONS ET LA DISCIPLINE À BORD

Pour faire régner l’ordre à bord d’un navire  une discipline sévère est mise en place, avec des sanctions données selon la gravité de la faute, pouvant aller de la privation d’eau jusqu’à la peine de mort.

– Les coups de garcette (sorte de fouet avec des lanières plates en corde) étaient le premier châtiment, souvent administré par le maître d’équipage (le bosco). Les punis pouvaient recevoir une centaine de coups.

– La cale : En cas de vol, on précipitait plusieurs fois à la mer le matelot pieds et poings liés. Il était retenu au bateau par une simple corde.

– La mise aux fers : Au pain sec et à l’eau, le coupable (ivrogne ou bagarreur) était attaché par les pieds à une barre métal- lique pour une durée variable.

– Pour les pilleurs, les incendiaires ou les meurtriers, la sanction pouvait aller jusqu’à la peine de mort souvent par pendaison.

LES DISTRACTIONS

La vie à bord est dictée par les conditions de mer et rythmée par la succession des quarts, mais lorsque le vent fait défaut les périodes de calme peuvent durer des jours. Ainsi, pour oublier leurs conditions de vie rudes et conjurer les démons, les marins s’occupaient de plusieurs façons.

Le tatouage, technique empruntée aux peuples indigènes du Pacifique, fut rapporté et répandu dans tous les ports par les marins fascinés par cet art décoratif. À bord, les matelots eux-mêmes pratiquaient cet artisanat.

La pêche n’était pas à l’époque considérée comme une activité de loisir mais permettait d’améliorer le quotidien alimentaire.

Pratiqué à temps perdu, le jeu des osselets consistait à jeter en l’air un petit os de mouton marqué d’une couleur distincte des cinq autres puis saisir un osselet au sol avant qu’il ne retombe par terre et le rattraper.

La musique et le chant permettaient d’animer les journées où le vent venait à manquer et de distraire l’équipage.

 

L’HYGIÈNE

Pas d’eau douce ni de savon (très coûteux à l’époque), une humidité permanente, une proximité forcée, des corvées éprouvantes, une nourriture infectee : 

L’eau douce, rationnée et précieuse, servait uniquement à rincer la nourriture . Le linge lavé à l’eau saumâtre restait humide et provoquait de douloureuses infections cutanées.

Les marins à bord utilisaient comme toilettes un banc d’aisance situé à chaque bord à l’avant du navire et à l’aplomb du mât de beaupré. Cet endroit ouvert et rudimentaire était donc soumis aux intempéries.

Le commandant et les officiers, d’origine noble, avaient une hygiène bien plus élaborée. .  des latrines ou toilettes, à bâbord, réservées à l’usage du commandant et à tribord à celui des officiers. Une fontaine murale alimentée en eau douce leur permettait une toilette de luxe.

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Hrodej, Philippe

Université du temps libre du Pays de Concarneau - 26 Rue du Maréchal Foch – 29900 CONCARNEAU.