- La décroissance est-elle possible, envisageable ou obligatoire? -

Décroissance économique : définition

Le terme de décroissance renvoie à une situation économique durant laquelle la richesse économique produite n’augmente pas, voire diminue. Ce concept est à distinguer de la récession, simple constat d’un taux de croissance négatif dans le cadre d’une économie productiviste. Le concept de décroissance relève d’une démarche volontaire et non pas d’une réalité subie. Il repose sur le principe de la prise de conscience d’un monde fini, aux ressources limitées, et sur l’idée que seule une réduction de la production et de la consommation globales pourra assurer l’avenir de l’humanité et la préservation de la planète.

De fait, l’idéologie de la décroissance implique un principe d’équilibre à tous les niveaux, et notamment un réajustement des disparités Nord/Sud : baisse des prélèvements de ressources naturelles par les pays riches, au profit d’un meilleur accès des pays pauvres aux bénéfices d’un développement raisonné.

Décroissance : les origines et l’actualité du concept

Si les idées liées à la préservation de l’environnement et à l’exploitation excessive des ressources naturelles ont émergé dès la fin de la Seconde guerre mondiale, c’est au début des années 1970 que le concept de décroissance a pris son essor.

Relayées ensuite et complétées par de nombreux penseurs de tous horizons (économistes, écologistes, philosophes…) ces idées nouvelles s’appuient sur quelques principes intangibles :

  • une grande partie des ressources de l’écosystème humain (la planète) sont par nature limitées ;
  • chaque prélèvement de ressources non renouvelables hypothèque l’avenir quant aux chances de survie à long terme de l’humanité ;
  • une croissance infinie (démographique, économique…) dans un monde fini est impossible.

Aujourd’hui, sans qu’il y ait pour autant adhésion majoritaire à la radicalité du concept, nombre des idées mises en avant sont confortées par la réalité devenue incontestable de la responsabilité humaine dans le réchauffement climatique. Et cela d’autant plus que la validité de l’outil PIB pour mesurer la croissance se voit de plus en plus remise en question : des économistes reconnus planchent sur des indicateurs alternatifs plus pertinents et complets, tels que l’Indice de développement humain (IDH), l’empreinte écologique ou encore l’indice de santé sociale.

Décroissance et développement durable

Si les positions de l’idéologie de la décroissance restent minoritaires dans le concert économique mondial, ses thématiques n’en impactent pas moins de nombreux discours, notamment ceux liés au développement durable.

En effet, dans le champ de l’écologie et du développement durable, l’idée que notre modèle économique fondé sur la croissance est la racine des problèmes environnementaux est de plus en plus répandue. En effet, c’est pour soutenir la croissance économique et l’augmentation du PIB que le système économique mondial est sans cesse pousser vers la consommation de ressources naturelles, la conquête de plus en plus systématique des écosystèmes, l’utilisation d’énergies fossiles et de produits chimiques… C’est à cause de la prépondérance de ces activités économiques et de leurs externalités sur l’environnement que l’on observe aujourd’hui le réchauffement climatique, la dégradation de la biodiversité ou encore la pollution de l’air.

Dans la pensée de la décroissance, il y a donc l’idée qu’il faut cesser de vouloir sans cesse produire plus au détriment de la nature, et qu’il faut à la place tenter de produire moins, mais mieux et avec moins.




Hollman, Guy

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