- La déesse égyptienne -

 

 

La déesse égyptienne: femme divine ou divine femme ?

par Dominique Antérion, guide-conférencier.


Des déesses soumises aux aléas d'une vie humaine ! Mais aussi des femmes servantes et intimes des dieux ... La femme et la déesse des bords du Nil partagent décidément bien plus qu'une même civilisation. 


Lorsque, en 384 de notre ère, l'édit de Théodose ordonna la fermeture des temples de la vallée du Nil, la religion égyptienne était vieille de plus de trois millénaires et demi. C'est donc l'une des plus longues expériences religieuses de l'humanité, pendant laquelle des hommes ont adoré les mêmes dieux, adhéré aux mêmes croyances funéraires, accompli les mêmes rites.

Son ancienneté même explique la complexité de la religion de l'Égypte. En effet, dès l'apparition des monuments écrits dans la vallée du Nil, aux environs de 3100 avant J.-C., nous voyons se préciser une à une ces divinités pour lesquelles les Ptolémées et même les empereurs romains construiront, ou reconstruiront, les temples égyptiens trois mille ans plus tard. Le trait le plus remarquable de la religion égyptienne est donc sa continuité. Quoi qu'on ait pu penser naguère, du Néolithique, vers 5500 avant J.-C., à l'unification de l'Égypte et à l'apparition des premiers pharaons dont les noms nous sont parvenus, il n'y a pas de cassure : les civilisations prédynastiques du Tasien, du Badarien et de Nagada sont les héritières directes des cultures néolithiques qui ont défriché la vallée du Nil. Par elles se sont perpétuées les croyances les plus primitives des premières sociétés, croyances qui, de génération en génération, se sont transmises jusqu'aux Égyptiens contemporains des Césars.

Il est évident qu'au cours d'une si longue période, les croyances religieuses ont évolué, d'autant que la religion jouait dans la civilisation égyptienne un rôle de tout premier plan. Même sans l'affirmation d'Hérodote (II, 37) que les Égyptiens « sont les plus scrupuleusement religieux de tous les hommes », la place qu'occupent les ruines de temples et de tombeaux dans le paysage nilotique suffirait à montrer que, parmi les peuples connus, l'Égyptien est celui qui a accordé le plus d'importance aux dieux et à l'au-delà. 

 




Antérion, Dominique

Université du temps libre du Pays de Concarneau - 26 Rue du Maréchal Foch – 29900 CONCARNEAU.